Je sais pas par quel miracle, mais je me suis réveillée. Il y avait des bruits métaliques. "C'est rien ça doit être la plomberie qui fait son ménage, normal" . "Peut-être que les toilettes recommencent à fuire ?" "Non, c'est pas le même bruit. Et j'ai l'impression d'entendre les parents chuchoter... Qu'est-ce qu'ils foutent ?" Alors, intriguée, je me lève. Je vois une lueur par la porte entrouverte de la salle de bain. Et j'avais tout faux. C'était pas la plomberie, ni les toilettes, ni les parents. C'était le feu. Dans le coin du radiateur. Une flamme qui commençait à monter. Alors vite, je suis descendue comme une folle chercher mes parents. Je crie. Ils ne comprennent pas tout de suite. Mais on monte dans la seconde, et là, le feu a déjà pris de l'ampleur. Les flammes ont déjà commencé à manger le coin des murs et montent vers le plafond. Mes parents, paniqués, tentent déteindre le feu, en vain. Ca va trop vite, les fumées deviennent asphyxiantes. Je tente d'appeler le 18, mais ils ne comprennent pas ce que je leur dit tellement je suis effrayée, et quand le courant est coupé à leur demande, boum, communication coupée. Et, encore une fois, on a eu une chance inouïe. Car juste à ce moment là, la BAC (police criminelle), faisait une rond de nuit, et en passant dans la rue, ils ont vu la fumée sortir des aérations et ont pris les choses en main : ils nous ont fait sortir de l'immeuble, et ont appelé les pompiers. On sort dehors, en pyjama, en toussant tout en essayant de comprendre ce qu'il se passe, et la voisine de palier nous rejoint. Les autres habitants ne peuvent plus sortir de chez eux, car la cage d'escalier était devenue irrespirable... Nous voilà dans la rue, impuissants, devinant l'appartement en train de brûler. Horrible. J'étais mal, très mal. Je me sentais responsable de tout. Je pensais à mon chat en pleurant,car elle était restée à l'intérieur, probablement en train d'être asphyxiée. Je voyais ma mère hurler devant la fenêtre de la salle de bain, tellement elle était paniquée et effondrée. Et puis les voisins étaient aux fenêtres. Ils étaient 8, donc 3 enfants. L'attente des pompiers était insupportable. Mais quel soulagement quand ils sont arrivés... Tout le monde a pu être évacué. Pendant ce temps les pompiers ont réussi à ouvrir la porte et à neutraliser le feu. Ouf. Mais tout n'est pas fini, loin de là... Maman, légèrement brûlée au dos, avait du monoxyde de carbone dans le sang. Elle a donc été mise sous oxygène, mais rien de grave. Et mon père, brûlé au second degré à la main et aux pieds, et légèrement à la tête. Nous sommes donc transférés à l'hôpital, malgré les larmes de ma mère qui ne voulait pas partir, même si le feu était éteint... Nous sommes restés 4 bonne heures à l'hôpital. Quand nous pouvons enfin rentrer dans l'appartement, maman craque et fond en larmes, et il y avait de quoi... En effet, la salle de bain n'était plus qu'un immense tas de charbon, l'entrée était bien brulée aussi, et les autres pièces du premier étage étaient pleines de suie sur les murs, les meubles... Les plafond étaient cloqués à cause de la chaleur, les murs noirs, les fenêtres cassées ou fissurées, les rideaux fondus, les souvenirs et les photos calcinés ou noircis, bref, un bilan assez morbide. Il n'y a plus qu'à tout refaire, tout reconstruire. Toutes nos habitudes, nos souvenirs, tout, tout, tout est abimé ou mort. Tout est sali. Mon seul réconfort a été de trouver mon chat vivant et en bonne santé... Et heureusement, car je n'aurais pas supporté de la retrouver morte.
Apparemment le feu a été causé par un court-cicuit dans le thermostat du radiateur électrique.
Maintenant on n'a plus qu'à refaire notre vie là-dessus. Oublier le traumatisme. C'est vrai que nous sommes tous en vie... Mais je ne souhaite ceci à personne. C'est vraiment horrible. J'en pleure encore un peu quand il s'agit de raconter en détail la nuit. Mais je vais mieux, grâce à vous tous qui étiez là.
Ma phobie du feu ne s'est pas calmée, loin de là. Elle a au contraire amplifié.
C'était le mercredi 10 septembre 2008, vers 4h30 du matin. Un jour à bannir pour toujours.
Apparemment le feu a été causé par un court-cicuit dans le thermostat du radiateur électrique.
Maintenant on n'a plus qu'à refaire notre vie là-dessus. Oublier le traumatisme. C'est vrai que nous sommes tous en vie... Mais je ne souhaite ceci à personne. C'est vraiment horrible. J'en pleure encore un peu quand il s'agit de raconter en détail la nuit. Mais je vais mieux, grâce à vous tous qui étiez là.
Ma phobie du feu ne s'est pas calmée, loin de là. Elle a au contraire amplifié.
C'était le mercredi 10 septembre 2008, vers 4h30 du matin. Un jour à bannir pour toujours.


